Leçon 23 : Quand les mots ne suffisent plus (et se mettent en place tout seul pour former un texte)

Je ne sais pas quoi vous dire, mais ce matin les mots me manquent. Pourtant, ils sont partout : dans les slogans électoraux tous plus déprimants les uns que les autres, au cœur des revendications étudiantes qu’il faut continuer de marteler, et dans chacun des statuts Facebook et Twitter qui appellent au vote et à l’implication citoyenne sous toutes ses formes.

Pour tout vous dire, je me sens comme une vulgaire mangeuse de mots. Une voleuse plutôt. Et j’emprunte, j’empile, je compile, je compare et je déprime. Pourtant, il y a tant à lire, tant de textes, blogues, articles, commentaires, opinions, chroniques publiés chaque jour, chaque minute, et diffusés, propagés, partagés que le temps de les assimiler tous, le futur se compare à l’imparfait et le doute pointe son nez sur les origines de la parole.

Je crois que je suis exténuée de ce type de lecture (surtout en fin de campagne électorale), même si j’ai l’impression qu’il n’y a jamais eu autant de textes de qualité, d’opinions diverses exprimées, de propositions emballantes, d’histoires à raconter et de bons mots à souligner.

Je voudrais revenir au temps de la lecture patiente, de la découverte lente, des après-midi de lecture sans fin et des nuits de sublime conversation avec des auteurs qui s’entretiennent directement avec mon âme (s’il existe une telle chose!).

La course ne me plaît plus. J’abandonne (pour combien de temps?). Ce ne sont pas les mots qui me manquent, mais le silence qui les accompagne parfois qui me fait défaut. On crie, on s’époumone, on revendique; je crie, je m’époumone, et je revendique. Mais pourquoi?

Ces mots que nous partageons sont toute notre histoire, celle à inventer, celle à écrire, celle à vivre. La mienne, la tienne, la nôtre. Je voudrais partir, aller trouver ailleurs le silence de l’écriture et de la lecture, écouter le bruit du monde comme un murmure lointain, diffus, enfin compréhensible, palpable et non pas dans l’urgence du quotidien, de la foule, des débats stériles et des accusations futiles. Voeux pieux? J’imagine que l’on a tous nos périodes où la fuite semble la seule issue possible. 

Nous allons élire aujourd’hui un gouvernement qui devrait utiliser les mots pour mieux nous représenter, mieux nous définir, nous inspirer enfin comme peuple, qui devrait rassembler les mots pour construire un projet de société, fort et juste, ou tout un chacun pourrait trouver son compte pour le meilleur et pour le pire. Mais je ne trouve pas les mots pour dire que tout ça m’emmerde, me dégoûte, m’enrage et me déprime.

Je me suis déjà demandé dans ses pages si j’étais idéaliste. J’imagine que oui, car je ne reconnais nulle part chez les aspirants dirigeants la passion du verbe enflammé, de la tournure idyllique, de la phrase bien faite et poétique, du message clair et emporté. Il n’y a que des phrases toutes faites, des accusations faciles, des promesses en l’air et des débats vidés de leur substance.

J’ai hâte à mercredi, pour qu’enfin la place publique puisse se concentrer sur autre chose que des mots vides et des paroles superflues. En attendant, allez voter (quand même!).

 

 

 

Leçon 18 – Parcours elliptique d’une lectrice 1 : Merveilleuse Yoko Tsuno

Ce texte est le premier d’une série que j’ai intitulée  » Parcours elliptique d’une lectrice  » et qui fait suite à mon désir de remonter la piste de l’écriture et de mon parcours de lectrice. Voir Grenier et moi… parcours elliptique d’une lectrice.

Je ne me rappelle pas quand j’ai commencé à lire.

Étrangement, j’ai l’impression d’avoir toujours lu, du moins, d’avoir éprouvé du plus loin que je me souvienne, du plaisir à écouter les autres me raconter des histoires, ou simplement des bribes de leur vie. Dans l’intimité, en classe, en famille. Les mots me comblaient.

Jeunes, ma mère nous emmenait ma sœur, mon frère et moi à la bibliothèque de notre petite ville de la Rive-Sud et on pouvait (on devait!) chaque fois choisir nos lectures hebdomadaires.Un bien pour un mal? Un mal pour un bien?

Et j’en prenais toujours trop. Je salivais devant les lourdes étagères telles de brillants étalages, pour chaque fois me retrouver les bras encombrés, les mains pleines et les yeux davantage, et le sac débordant, près à craquer sous le poids de ses livres trop lourds pour mes épaules de jeune fille de 10 ans.

Je garde de cette époque un sac définitivement trop lourd, toujours plein à craquer de livres. Un ami me compare d’ailleurs à un escargot, je porte encore ma maison, mes livres, plusieurs livres sur mon dos de jeune femme de 29 ans.

Cette bibliothèque de mes 10 ans où la section jeunesse se trouvait à droite en entrant m’a fait faire l’une de mes plus belles découvertes lectrice intemporelle : sur le bout d’un rayon, j’ai vu le visage rond et la courte chevelure noire emblématiques, le regard espiègle comme un défi : Yoko Tsuno. Qui? Yoko Tsuno.

Pourquoi suis-je tombée tout de suite dans les filets de cette héroïne japonaise de BD? Peut-être parce cette jeune électronicienne (Yoko travaille à la télévision belge et forme avec ses acolytes Vic et Pol le trio de l’Étrange, titre du premier volume de la série) était d’abord une femme, une femme au centre d’aventures extraordinaires et qui à tout moment, fait montre d’un sang-froid et d’une inventivité inégalables.

Un genre de Tintin qui peut à la fois, conduire toutes sortes d’engins sophistiqués, se battre contre une tribu hostile et en sortir chaque chois victorieuse, et en plus se faire des amis et assembler un morceau à la fois, l’histoire de l’humanité.

Plus que Tintin qui voyage de par le monde pour résoudre des énigmes et déterrer des trésors (il va tout de même sur la Lune), Yoko Tsuno peut changer de galaxie et d’espace-temps pour accomplir ses exploits, remettre les hommes et les Vinééens (habitants à la peau bleue de Vinéa, planète imaginée par Roger Leloup, créateur de Yoko) sur le droit chemin.

 J’ai relu avec beaucoup de plaisirs quelques-unes des aventures de Yoko et j’ai découvert que Dupuis, éditeur des péripéties de la belle Japonaise avait compilé en intégrales les histoires de Yoko. Ainsi, 8 intégrales reprenant chacune 3 albums d’une même aventure sont offertes aux lecteurs. Ainsi, De la Terre à Vinéa, les Aventures allemandes (mes préférées!) ou À la poursuite du temps, sont autant d’intégrales qui permettent de plonger pleinement dans l’univers parfois extravagant, mais toujours ingénieux et un brin philosophique de Roger Leloup.

Bonus : chaque intégrale est accompagnée d’un dossier inédit sur la création du personnage de Yoko Tsuno et de son univers.

 Au sortir de la Bibliothèque nationale, voilà quelques jours, j’ai été plongée en plein flash-back : dans les sous-sols, là où se trouve la collection jeunesse, devant tous les albums là devant moi, j’avais les mains qui tremblaient en essayant de faire entrer dans un sac qui ne pouvait qu’en contenir trois manifestement, une douzaine d’albums de Yoko Tsuno.  

Pour tout découvrir sur Yoko Tsuno, visitez sans tarder son site officiel.

Aujourd’hui, le 28 mars a lieu OFF-CIEL, un colloque ludique sur la culture populaire, en marge du Colloque Interuniversitaire des Étudiants en Littérature (CIEL) de l’UQAM. Au O Patro Vys (356 Mont-Royal), dès 18 h 30 (et c’est gratuit !). On pourra y voir et y entendre, entre autres, Samuel Archibald, Marie Parent, Sébastien Ste-Croix Dubé (et d’autres…) ainsi que le DJ Alexandre Fontaine Rousseau. Allez voir la programmation de la soirée et surtout allez-y !


Leçon 17 – Grenier et moi… parcours elliptique d’une lectrice

Daniel Grenier dans son blogue Saint-Henri (allez voir!), demandait le 15 mars dernier :

Quel est le livre que vous considérez comme votre première « vraie » lecture, si tant est qu’une telle chose existe? Cette première lecture qui vous a fait vous rendre compte que vous n’alliez probablement plus jamais vous arrêter?

En réaction aux réponses de cette « Petite question », Grenier a mis en ligne le lendemain le texte « Grande réponse », où il expliquait ses débuts à lui comme lecteur, de Tolkien et la SF en passant par Nabokov et Vian, puis terminait sur son envie d’écrire et Nabokov, encore. Le parcours des autres me semble chaque fois tellement plus riche et transcendant que le mien. Je dois bien avoir la mémoire qui flanche, déjà.

À lire les réponses obtenues par Grenier, tout le monde lisait Victor Hugo à 7 ans, Nabokov à 9, et Flaubert avant la puberté, et j’exagère à peine (je remercie chaudement tous ceux qui ont répondu, vous m’avez rappelé de bons souvenirs!), un peu quand même, beaucoup même. Rien de semblable dans mon parcours (Hugo, Nabokov et Flaubert sont venus plus tard), au commencement, et bien, il n’y avait rien, ou presque.

Tout ça pour dire que chaque auteur, chaque lecteur possèdent son histoire « littéraire ». Tous les chemins mènent à l’écriture, si tant est que la lecture est reine. Histoires d’amour entre l’auteur et le texte, n’allez cependant pas y chercher une quelconque justification d’un parcours tracé d’avance. Ces histoires ne disent rien de plus : lisez et écrivez. Point.

 

J’ai envie de faire une Daniel Grenier de moi-même (je crois qu’on avait le même dealer de lunettes! – allez voir sa photo et lire son article, si vous ne l’avez déjà fait!), et remonter la piste de mon désir d’écrire, et de mon parcours de lectrice. C’est bien sérieux tout ça, mais là encore, il est question d’amour et de livres, de tonnes de livres. Je livrerai donc dans les prochaines semaines, des bribes par-ci, par-là, de quelques-unes de mes lectures coup de poing depuis l’enfance, ou pour reprendre les mots de Grenier, de mes premières lectures « vraies », et pour le continuer à le paraphraser, « si tant est qu’une telle chose existe ».  

 

Je vous mets en garde (à quoi bon?), je ne serai ni spirituelle, ni transcendante. Mon parcours est éclectique, elliptique; je suis une fausse littéraire, mais une lectrice assidue (et un jour, une écrivaine bornée). Je tente depuis des années de tenir une liste de mes lectures — je n’y arrive jamais vraiment longtemps – souhaitez-moi bonne chance, je tiens bon depuis le 1er janvier 2012.

Aujourd’hui, le 21 mars est la Journée mondiale de la poésie. Vive les poètes et autres charmeurs de mots!

Claude Beausoleil, Poète de la Cité, invite les Montréalais à fêter avec lui : 3 lectures de poésie dans le métro et une soirée « 21 poètes pour le 21e siècle le 21 mars » à la Maison du Conseil des arts de Montréal, à 17 h 30.

 

Leçon 15 – Écouter, réfléchir, écrire ou écrire, réfléchir, tourner : Surviving Progress

Je voulais ce blogue comme un exutoire. Comme la preuve de mes déboires littéraires. Il devient, progressivement, un divertissement, mon divertissement et le seul endroit où je ne parle plus d’écriture. Paradoxe.

Je parle de plein d’autres choses : de livres, bien sûr, de films, d’événements (toujours un pas en arrière de l’actualité), mais d’écriture? De mon écriture? De mon roman en devenir? De mes problèmes d’écrivaine? Si peu.

Je n’ai certainement pas épuisé le sujet. Je n’ai surtout pas fait le tour de la question. Sûrement n’écris-je pas assez pour pouvoir y réfléchir suffisamment et être spirituelle, drôle et décalée dans ce blogue. Ou peut-être pas. À défaut de parler de moi, je parlerai de ce que j’ai vu. Pour l’instant du moins.

Je vais donc prendre quelques lignes pour réfléchir à propos de Surviving Progress que j’ai vu dimanche soir dans le cadre des Rendez-vous du cinéma québécois; occasion s’il en est une de revoir (surtout voir) les productions québécoises – courts, longs, documentaires, etc. – dont le temps et le stress de la vie en général ne nous a pas permis de profiter au moment de leur sortie en salle.

Donc, Surviving Progress. D’abord, « survivre » et ensuite, « progrès ». Le « documentaire cinématographique » de Mathieu Roy et Harold Crooks s’amorce sur la définition de la notion de progrès. Et là, et bien, silence ou élucubrations, regard flou et mains qui cherchent. Qu’est-ce que le progrès et comment pouvons-nous lui survivre? Sans être alarmistes, les réalisateurs nous rappellent que le progrès risque de nous anéantir un jour ou l’autre.

Puisque les livres ne sont jamais loin, le film est inspiré de l’ouvrage A Short History of Progress de Ronald Wright (paru en 2011 sous le titre Brève histoire du progrès, chez Bibliothèque québécoise), lui-même intervenant, aux côtés d’une vingtaine d’autres, connus et inconnus, dont Margaret Atwood, Jane Goodall, David Suzuki et Stephen Hawking.

Ce documentaire est un réel outil de compréhension et d’analyse du progrès, de ses pièges et résultats souvent désastreux, mais il n’est jamais doctrinaire. Mathieu Roy a d’ailleurs soutenu que Surviving Progress se veut comme un documentaire interactif et que tout un chacun est invité à se faire sa propre opinion. Avec un sujet aussi sensible, est-il possible de se construire une réelle opinion, sans jamais se laisser influencer par quelque propos que ce soit? Peu importe, le progrès continue sa marche.

Et comme la sortie en DVD n’a pas été encore annoncée, réfléchissez, vous aussi au progrès.

Site officiel de Surviving Progress

Leçon 14 – Connie Willis ou l’impossibilité de vivre dans le présent

 

Et oui, je lis de la science-fiction. Et pas n’importe laquelle, s’il vous plaît. De la bonne SF. Du moins, j’y crois. Bref, Constance Elaine Trimmer Willis, alias Connie Willis (pourquoi les auteurs de SF ont souvent des noms étranges en plus de présenter des photos où ils sont rarement sous leurs meilleurs jours?), auteure américaine née en 1945 au Colorado m’est tombé dans l’œil il y a un an déjà, et je viens de terminer la lecture de Sans parler du chien (To say nothing of the dog), paru chez J’ai lu en version française en 2000.

Cette bonne brique dont le sous-titre mystérieux, Sans parler du chien ou Comment nous retrouvâmes enfin la potiche de l’évêque, a pour décor l’époque victorienne, l’Angleterre de la Seconde Guerre mondiale et l’an 2056. Rien que ça.

D’abord, qu’est-ce qu’une potiche me direz-vous? Je ne le savais pas précisément non plus (sauf dans son deuxième sens utilisé plus souvent : marionnette, pantin, et personnage insignifiant ou honorifique), et donc, c’est une espèce de grand vase de porcelaine souvent originaire d’Extrême-Orient.

Bon, intéressant, mais encore? La potiche de Willis est à l’origine de toute une série d’aventures ayant pour décor la Cathédrale de Coventry à diverses époques. Le but : retrouver un vase horriblement laid, mais essentiel dans la conjoncture spatiotemporelle de 2056. Une riche mécène veut reconstruire St-Michael’s Cathedral détruite lors d’un bombardement de la Luftwaffe dans la nuit du 14 novembre 1940* et est prête à risquer le tout pour le tout pour y parvenir, même à mettre en péril la vie de plusieurs de voyageurs temporels mis à sa disposition.

Et oui, en plus d’être une magicienne des voyages temporels, Connie Willis brode sur l’histoire anglaise pour construire Sans parler du chien. Et ce sont les scientifiques chez elle, qui détiennent ce pouvoir. Comme dans Le grand livre (1993), où une jeune scientifique anglaise se retrouve par erreur (et oui, la science des voyages temporels n’est pas exacte) en 1306 pleine peste bubonique, les protagonistes de Sans parler du chien sont des historiens et des chercheurs aux prises avec les aléas des voyages temporels et la possibilité d’anachronismes irréversibles. Si un chat égaré dans le dédale des époques est à l’origine de tous les malheurs, c’est plutôt un chien qui complique davantage la trame narrative.

Je voulais vous parler de Connie Willis, car une bonne histoire, peu importe le genre auquel on la rattache est une bonne histoire. Point. Et j’aime les bonnes histoires. Surtout, quand le présent ne semble pas être d’emblée un imaginaire romanesque. Toute histoire est-elle bonne à raconter? Sous la plume de Willis, il n’y a pas à dire, le futur est un passé conjugué au présent et depuis ma rencontre avec elle, la Cathédrale de Coventry, le Moyen Âge et son terrible fléau, ou encore le Titanic (Passage, 2001) sont beaucoup plus que de tragiques moments de l’histoire de l’humanité.

Voici quelques-unes des œuvres de Connie Willis traduites en français (sinon, il y en a davantage en langue originale anglaise) :

- Le Grand Livre (1993)
Prix Hugo du meilleur roman 1993, Prix Nebula du meilleur roman 1992, Prix Locus du meilleur roman de science-fiction 1993
- Remake (1994)
Prix Locus du meilleur roman court 1996
- Sans parler du chien (1997)
Prix Hugo du meilleur roman 1999, Prix Locus du meilleur roman de science-fiction 1999
- Passage (2001)
Prix Locus du meilleur roman de science-fiction 2002

* Le mythique lieu de culte a réellement été détruit sous les bombes allemandes en 1940 et la construction de la cathédrale actuelle s’est terminée en 1962. D’un style résolument moderne pour l’époque, la nouvelle cathédrale St-Michel a été érigée tout à côté des ruines de la précédente et elles cohabitent encore de nos jours!

 

  

Leçon 11 – Vouloir rendre compte de tout : tout voir, tout connaître, tout entendre ou the Fear of missing out (je reviens à Langelier… )

Il n’y a pas si longtemps, je croyais qu’il serait relativement simple de lire beaucoup, de lire tout et que cette lecture, et bien, me mènerait presque directement à l’écriture. Maintenant, rien n’est moins sûr et chaque fois que je pose les mains sur mon clavier, ou encore que je tends la main pour choisir une nouvelle lecture, j’ai des doutes. Ridicule, me direz-vous et j’en conviendrai.

J’essaie encore bien naïvement de me rattraper (je n’y arriverai jamais, ça c’est sûr) sur la rentrée littéraire de l’automne dernier et je n’ai pas encore dit mon dernier mot que les pages des journaux sont plein des promesses de la rentrée d’hiver. Et déjà, au fond de moi je ressens cette peur de manquer quelque chose, de passer à côté de lectures extraordinaires, de négliger le Livre qui va changer le cours de mon existence.

Au contraire de Nicolas Langelier dans Réussir son hypermodernité et sauver le reste de sa vie en 25 étapes faciles dont j’ai parlé dans mon dernier billet, je n’ai pas peur (Fear of missing out -FOMO) de manquer des soirées, des lancements, des événements (si un peu quand même), j’ai peur de ne pas lire les livres propices à me propulser sur la voie des textes merveilleux que je rêverais d’écrire. Ridicule, me direz-vous et j’en conviendrai encore.

Comment choisir ses lectures alors et les transformer en quelque chose d’utile pour tous (du moins pour soi)? Marie D. Martel dans son blogue fort intéressant Bibliomancienne sur la philosophie, la littérature et les bibliothèques à l’ère numérique, décrivait le 1er août dernier une semaine typique de bouquinage et lecture dans le billet Techniques de lecture mixte. Wow, je ne sais pas vous, mais il y a à boire et à manger. Le truc? Lire dans plusieurs formats et un peu de tous les genres.

J’aimerais comme Bibliomancienne pouvoir transformer chaque expérience de lecture et avoir la prétention de penser que c’est elle la bonne, l’ultime expérience qui va tout changer, et enfin me permettre d’imaginer des textes merveilleux.

En plus, lorsque je lis des romans, surtout, je ne me rappelle jamais rien après quelques mois, ou presque rien, des impressions plutôt. Les personnages avec qui j’ai été si proche sont redevenus des inconnus. J’ai bien tenté de laisser des traces, de prendre des notes de mes lectures, des personnages, à la limite je recopie des citations, mais souvent il me faut plusieurs minutes pour me replonger dans l’ambiance d’un roman lu des jours, des mois ou des années plus tôt.

Voilà pourquoi ce blogue est bénéfique pour mon travail d’écriture, du moins, j’ai la prétention d’y croire. C’est surtout l’exemple le plus flagrant de ma procrastination littéraire. J’écris ici, ce qui légitime souvent le fait que je n’écrive pas ailleurs, ou si peu, ou pas comme je voudrais. J’ai un réel plaisir cependant à alimenter inégalement Les intempéries. Il y a de très bons blogues littéraires (ou pas), et un jour de prendrai le temps de mettre les liens quelque part sur mon blogue.

En attendant, et puisque je ne peux répondre à toutes ces questions aujourd’hui, le vendredi 27 janvier, j’irai à l’UQAM pour assister à Le blogue littéraire : nouvel atelier de l’écrivain, une journée d’études avec entre autres, une discussion entre les blogueurs de Ma mère était hipster, Madame Chose, Saint-Henri, Déprime explosive et Patty O’Green et Effet de présence.

À vos blogues, prêts, partez.