Leçon 6 – Les conseils d’ami ou comment se vider le cerveau à coups de bonne conscience

Les conseils d’amis sont aussi variés que les amis. C’est une évidence. On y trouve de tout et de rien. Parfois, inspirée par leurs paroles, tout est possible. Que le monde littéraire va s’ouvrir à mes pieds, me faire une place toute douce et chaude. Et je vois facilement au bout du chemin, mon livre imprimé, là, seul sur la tablette, entouré des autres.

D’autres fois, et non les moindres, je suis bloquée, coincée entre la confiance qu’ils mettent en moi et ma sempiternelle incapacité à écrire des trucs drôles et intelligents.

Alors, comment percevoir et intégrer tous les conseils que l’on nous donne? Sont-ils utiles? Doit-on s’y tenir? En faire abstraction? Envoyez promener gentiment nos bienfaiteurs et amis ?

Mon dernier conseil reçu en date :

« Pense pas pis écris »

Dans les faits, je suis tout à fait d’accord. Il faut laisser aller et taper plus vite que son ombre. Dégainer les mots et enchaîner les phrases. Établir une connexion ultime entre son cerveau et son écran.

Les amis sont toujours pleins de bonne volonté à notre égard (souvent en tout cas) et leurs conseils doivent, je crois, décanter dans notre esprit tordu (surtout le mien). Voilà pourquoi j’accepte toujours les conseils d’amis avec un grand respect.

Avant-dernier conseil reçu :

« Tu dois écrire tous les jours, même si ça te tente pas »

Voilà ce que j’ai fait aujourd’hui.

Avant-avant-dernier conseil reçu :

« Moé si j’tais toé, je les enverrais chier pis j’écrirais c’que j’ai din tripes »

Ce dernier conseil me fait encore beaucoup rire. Pas parce que c’est n’importe quoi, mais parce que nos amis, sont pas toujours nos amis, mais qu’il faut tout de même les écouter donner leurs conseils.

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Leçon 5 – Aller se faire voir et autres histoires arvidiennes

Alors que je médite sur mon prochain chef-d’œuvre (mon premier du moins), je me demande en toute naïveté à quel point le futur auteur doit aller se faire voir dans des événements littéraires ou autres pour se faire (re)connaître.

Combien de verre de vin les yeux au ciel en pratiquant le dithyrambe à propos du dernier livre à la mode avec des inconnus dans des espaces surchauffés doit-il effectuer par mois ? Combien d’apparitions et quels événements choisir pour se faire aller et se faire voir ?

Je vous parle de cela, car ce soir, je vais à deux lancements : maximiser les sorties, voilà une maxime qui me plaît. Bref, ne devrais-je pas rester sagement à la maison et attendre que les premières lignes de mon chef-d’œuvre viennent au monde entre mes deux oreilles, comme dirait un certain Dédé Fortin, plutôt que de courir d’un événement à l’autre, d’une galerie à une librairie ?

Ces questions futiles me ramènent à un des derniers lancements auxquels j’ai assisté : le 8 septembre dernier, à la magnifique librairie Le Port de tête sur Mont-Royal avait lieu la rentrée du Quartanier. 3 livres, 3 auteurs étaient à l’honneur, mais tout le monde (moi compris) n’en avait que pour Arvida le premier ouvrage de Samuel Archibald.

D’ailleurs, depuis cette sortie, l’auteur a été de toutes les tribunes : presse écrite, radio, télé, Internet et autres blogues. Tant mieux, je ne suis pas la seule à avoir adoré la verve et l’enthousiasme de Samuel Archibald.

Ces histoires arvidiennes m’ont troublée. Histoires, car ce sont bien des nouvelles, reliées entre elles certes, mais des histoires tout de même qui forment la texture particulière d’Arvida. Je ne me suis pas encore remise de Jigai, fragment atypique du lot, mais parfait d’horreur et de sublime, racontant la mutilation corporelle de deux femmes dans un Japon entre deux âges, alors que les autres histoires sont toutes situées à Arvida, village du Saguenay d’où est originaire l’auteur. Arvida c’est en fin de compte l’histoire d’un gars qui voulait raconter les histoires et les personnages du village d’Arvida.

Même si ces soirées semblent parfois futiles, j’y fais toujours des découvertes intéressantes. Pour une future écrivaine, c’est comme aller faire son marché : un peu de ci, un peu de ça, ah non pas ça.

Aurais-je de quoi me mettre sous la dent ce soir ? J’irai me faire voir dans tous les cas.