Leçon 8 – L’inspiration vient en lisant ? Beigbeder, Bon, Laferrière et les autres

N’avez-vous pas toujours la fâcheuse impression, comme moi, lorsque vous arrivez en librairie de ne pas savoir vers quel titre tendre les bras? Vers quel titre vous réfugier? Entendez-vous la voix douce ou parfois au contraire, la voix stridente des livres qui s’adressent directement à vous? : « Moi, moi, choisis moi! ».

Je voudrais pouvoir prendre chaque livre un à un, les regarder de plus près, les contempler davantage, écouter leur murmure encore et encore… Bref, je voudrais tous les sentir, à l’instar de Frédéric Beigbeder dans cette vidéo truculente où l’auteur de 99 francs défend le livre papier et les librairies en chair et en os face à François Bon dont les propos pour le numérique semblent fades vis-à-vis ceux du coloré Parisien.

Frédéric Beigbeder : « On peut caresser les écrans, mais c’est quand même mieux de caresser des gens! »

François Bon: « J’y crois pas ».

Au bout du compte, je suis toujours déchirée, écartelée devant les rayons débordants, renouvelés sans cesse pour me torturer davantage, m’aguicher d’autant plus, me réduire à l’impuissance, l’esclave, la course intellectuelle à la lecture. Et là, le corps et les sens en ébullition, je repense à Dany Laferrière qui a dit 2 choses que je m’efforce de respecter :

• Il faut acheter un livre seulement si on ne peut plus se passer de ce livre en particulier. C’est-à-dire qu’on doit l’acheter comme si on acquérait le pain qui allait nous nourrir et pas avant d’être sur le point de mourir de faim.

• Dans une récente entrevue accordée à Plus on est de fous plus on lit pour la parution de son dernier ouvrage L’art presque perdu de ne rien faire, Laferrière parlait de bons livres, mais surtout de lecteur libre :

« Un bon livre, c’est un livre qui se retrouve entre les mains d’un lecteur libre : c’est qui un lecteur libre? C’est quelque chose de très rare, c’est quelqu’un qui ne cherche pas à lire ce qu’il a déjà lu, ce qu’il connaît, un univers connu, on les voit dans les librairies, les gens ils cherchent un écrivain dont on leur a parlé, qu’ils ont déjà lu, c’est très rare que quelqu’un va aller regarder comme ça, sans avoir entendu parlé de quelqu’un, regarde et prend le texte pour le texte lui-même, c’est pas à la suite d’une rumeur, donc ça ne veut pas dire que l’objet lui-même, le livre soit bon, mais c’est la démarche du lecteur qui lui donne cette légitimité. »

Dany Laferrière me parle toujours droit au cœur, car il parle de courage littéraire, de se remonter les manches et foncer tête baissée dans le texte, pour le texte.

Cependant, la vraie question demeure : sommes-nous influencés par nos lectures, lorsque vient le moment d’écrire? Avec tous ces auteurs qui parlent de lecture, de livre, de liberté, je préfère, pour ma part, revenir à l’essentiel :

Le meilleur moment pour concevoir un livre, c’est pendant que vous faites la vaisselle.
Agatha Christie

Tous les dons en livre sont acceptés.