Leçon 10 – Commencer l’année du bon pied : Au diable la modernité, vive l’hypermodernité ou comment les hipsters sont synonymes de fin du monde

Mes vacances ont été synonymes de soirées sur soupers, sur brunchs, sur apéros. J’ai vu tout mon monde à différents moments étalés sur une quinzaine de jours. Vive les parents divorcés et les chicanes de famille, ça multiplie exponentiellement les occasions de trinquer et de manger encore et encore de la tourtière.

Beaucoup de bouffe et d’alcool signifient peu de vrais moments de lecture. J’ai cependant pu me réfugier sur la banquette arrière durant le trajet entre Montréal et Montmagny pour faire la lecture de Réussir son hypermodernité et sauver le reste de sa vie en 25 étapes faciles, ouvrage de Nicolas Langelier publié en 2010 chez Boréal.

Il faut dire que depuis sa sortie, ce livre, au titre débordant avait piqué ma curiosité. Quoi de mieux que les résolutions intenables de Nouvel An pour repenser sa place dans notre monde hypermoderne?

Nicolas Langelier présente son ouvrage tel un guide de survie et transforme, comme le titre l’indique si bien, ses chapitres en 25 étapes faciles, dont « Décider de faire quelque chose avant qu’il ne soit trop tard », « Se réveiller et ne voir que du gris autour de soi », ou encore « Réfléchir à l’héritage de sa génération », autant de chapitres qui se veulent tragi-comiques sur notre époque, aussi sordide et mercantile soit-elle.

Au passage, Langelier nous informe sur les concepts de modernité, de postmodernité et bien sûr, d’hypermodernité, et présente certains de penseurs et théoriciens de ces courants. Mais au-delà de ça, Réussir son hypermodernité c’est l’histoire d’un homme (ce pourrait être une femme) aux prises avec des questionnements existentiels suite à la mort de son père, disparu quelques mois plus tôt.

Le personnage se retrouve donc au centre d’un parcours initiatique qui le mènera des commerces branchés de Montréal, au chalet construit jadis par son père, sur les rives d’un lac québécois anonyme où il jettera les cendres paternelles, autant d’occasions de se questionner sur les choix qu’on a faits. Ainsi, sur des airs de fins du monde, l’ouvrage trace une histoire lucide sur cette vie dont vous auriez pu être le héros, mais qui s’est avérée en tous points différente.

Dans un chapitre intitulé « Rédiger son manifeste personnel », l’auteur présente en 3 étapes faciles comment se comprendre soi-même et montrer à tous « quel être exceptionnel vous êtes »! Il n’y a pas à dire, l’autodérision est maître chez Langelier, puisqu’en cette époque de voyeurisme à outrance, le manifeste est là une forme pure de mise à nu : « Diffuser : n’oubliez pas que les choses n’existent vraiment que si les autres en sont informés. Il est donc important de leur transmettre le contenue de votre manifeste personnel », écrit l’auteur.

Je voudrais terminer en vous parlant des hipsters. Et oui, Nicolas Langelier se fait plaisir de faire un détour par eux et d’égratigner quelque peu leur héritage au passage. Alors qu’il nous demande dans un exercice de « réfléchir à l’héritage de notre génération », l’auteur nous laisse avec deux réflexions non équivoques, dont celle-ci de Douglas Haddow : « Nous sommes la dernière génération, la culmination de tout ce qui nous a précédé, détruite par la vacuité ambiante. Le hipster représente la fin de la civilisation occidentale ».

Si vous voulez entendre parler de hipsters, c’est demain soir que ça se passe à l’Amère à boire, une conférence de Daniel Grenier : « On achève bien les hipster ; une autofiction », dès 17 h, sera présentée par Salon Double.

http://salondouble.contemporain.info/conf-rence-de-daniel-grenier-on-ach-ve-bien-les-hipsters-une-autofiction



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