Leçon 11 – Vouloir rendre compte de tout : tout voir, tout connaître, tout entendre ou the Fear of missing out (je reviens à Langelier… )

Il n’y a pas si longtemps, je croyais qu’il serait relativement simple de lire beaucoup, de lire tout et que cette lecture, et bien, me mènerait presque directement à l’écriture. Maintenant, rien n’est moins sûr et chaque fois que je pose les mains sur mon clavier, ou encore que je tends la main pour choisir une nouvelle lecture, j’ai des doutes. Ridicule, me direz-vous et j’en conviendrai.

J’essaie encore bien naïvement de me rattraper (je n’y arriverai jamais, ça c’est sûr) sur la rentrée littéraire de l’automne dernier et je n’ai pas encore dit mon dernier mot que les pages des journaux sont plein des promesses de la rentrée d’hiver. Et déjà, au fond de moi je ressens cette peur de manquer quelque chose, de passer à côté de lectures extraordinaires, de négliger le Livre qui va changer le cours de mon existence.

Au contraire de Nicolas Langelier dans Réussir son hypermodernité et sauver le reste de sa vie en 25 étapes faciles dont j’ai parlé dans mon dernier billet, je n’ai pas peur (Fear of missing out -FOMO) de manquer des soirées, des lancements, des événements (si un peu quand même), j’ai peur de ne pas lire les livres propices à me propulser sur la voie des textes merveilleux que je rêverais d’écrire. Ridicule, me direz-vous et j’en conviendrai encore.

Comment choisir ses lectures alors et les transformer en quelque chose d’utile pour tous (du moins pour soi)? Marie D. Martel dans son blogue fort intéressant Bibliomancienne sur la philosophie, la littérature et les bibliothèques à l’ère numérique, décrivait le 1er août dernier une semaine typique de bouquinage et lecture dans le billet Techniques de lecture mixte. Wow, je ne sais pas vous, mais il y a à boire et à manger. Le truc? Lire dans plusieurs formats et un peu de tous les genres.

J’aimerais comme Bibliomancienne pouvoir transformer chaque expérience de lecture et avoir la prétention de penser que c’est elle la bonne, l’ultime expérience qui va tout changer, et enfin me permettre d’imaginer des textes merveilleux.

En plus, lorsque je lis des romans, surtout, je ne me rappelle jamais rien après quelques mois, ou presque rien, des impressions plutôt. Les personnages avec qui j’ai été si proche sont redevenus des inconnus. J’ai bien tenté de laisser des traces, de prendre des notes de mes lectures, des personnages, à la limite je recopie des citations, mais souvent il me faut plusieurs minutes pour me replonger dans l’ambiance d’un roman lu des jours, des mois ou des années plus tôt.

Voilà pourquoi ce blogue est bénéfique pour mon travail d’écriture, du moins, j’ai la prétention d’y croire. C’est surtout l’exemple le plus flagrant de ma procrastination littéraire. J’écris ici, ce qui légitime souvent le fait que je n’écrive pas ailleurs, ou si peu, ou pas comme je voudrais. J’ai un réel plaisir cependant à alimenter inégalement Les intempéries. Il y a de très bons blogues littéraires (ou pas), et un jour de prendrai le temps de mettre les liens quelque part sur mon blogue.

En attendant, et puisque je ne peux répondre à toutes ces questions aujourd’hui, le vendredi 27 janvier, j’irai à l’UQAM pour assister à Le blogue littéraire : nouvel atelier de l’écrivain, une journée d’études avec entre autres, une discussion entre les blogueurs de Ma mère était hipster, Madame Chose, Saint-Henri, Déprime explosive et Patty O’Green et Effet de présence.

À vos blogues, prêts, partez.